Après un long abandon, je retourne à la vocation première de ce blog, en vous présentant une critique d'un roman d'Agatha Christie, que j'avais particulièrement apprécié mais dont je n'avais pas eu encore l'occasion de parler. Il s'agit de Les Indiscrétions d'Hercule Poirot paru au masque comme tous les autres livres de l'auteur.
L'action débute juste après les funérailles de Richard Abernethie, mort brusquement d'une crise cardiaque dans son manoir, à Enderby Hall. Son décès, n'aurait bien entendu attiré les soupçons de personne, si sa s½ur, Cora Lansquenet, femme fantasque considéré depuis toujours comme l'enfant terrible de la famille ne s'était écrié après la cérémonie «Mais il a bien été assassiné, n'est-ce pas ?» Cette question incongrue jette évidemment un froid dans l'assistance, et le malaise ne fait que s'accentuer lorsque le lendemain cette écervelée de Cora est retrouvée sauvagement assassinée chez elle, plusieurs coups de hache assénés par une main anonyme sur le crâne de la bavarde. Heureusement, le notaire de la famille, très inquiet par les événements, est un vieil ami d'Hercule Poirot qui se rend aussitôt sur place et avec son brio habituel saura se montrer à la hauteur des évènements.
Si le cadre de l'intrigue demeure très victorien et un brin collet monté, et la situation de départ pas forcément des plus originales, l'histoire prend rapidement un tour très intéressant, notamment grâce aux personnages secondaires : par exemple la vieille miss Gilchrist, dame de compagnie de la pauvre Cora et dont le nom nous donne une indication sur vocation de bigote, mais aussi par une série de petits détails (qui est donc cette mystérieuse religieuse, passée à la maison de la victime, le matin du meurtre ?) qui confèrent au livre une ambiance inimitable. Le suspens monte crescendo à mesure que les pages défilent : on pense cette fois tenir le coupable, mais le dernier chapitre offre un retournement spectaculaire (à mon avis, l'un des meilleurs dénouements imaginé par Agatha Christie) et une vérité que nul ne pouvait soupçonner ! Mais chut... je vous laisse vous faire votre propre avis. Un livre à savourer avec une bonne tasse de thé et une part de gâteau en espérant que celui-ci ne soit pas fourré à l'arsenic...



